Boudicca
Je ne m’attendais pas à lire Boudicca si vite. Cela m’a pris une seule journée pour en lire la totalité. Du coup, je vous présente déjà ici sa chronique avant d’attaquer celle, plus conséquente, consacrée à la Trilogie d’une nuit d’hiver terminée le même weekend. Car si cette lecture a été étonamment rapide, cette critique le sera tout autant je le crains. Je n’en ai malheureusement pas grand chose à dire.
Si je veux rester honnête avec moi-même, je ne ne peux pas affirmer que ce livre est mauvais. Objectivement, c’est bien écrit. Jean-Laurent Del Socorro sait enchaîner les belles phrases de façon tout à fait agréable. L’histoire en elle-même est bien construite. Tout se tient, rien n’est superflu. L’on sent que l’auteur maîtrise son sujet, son histoire du début jusqu’à la fin.
“Le dernier battement. Les deux armées se rencontrent enfin. Dans un autre monde, cela aurait pu être les mains tendues, les bras ouverts pour se serrer les uns contre les autres. Aujourd’hui, ce sont les boucliers qui sont en avant et les pilums levés. Ils se frôlent à peine dans cette ultime seconde où le temps semble suspendu. Nous n’avons rien à envier aux dieux, pourtant, ce sont eux qui agitent notre avenir dans leurs mains. Non, pas cette fois. Le temps reprend son cours et les runes divines se brisent alors en morceaux entre nos boucliers qui se percutent. Les dieux non plus ne peuvent plus nous soumettre.”
Pourtant, j’ai passé à travers cette lecture comme je traverse un passage pour piéton : mécaniquement, sans arrière-pensée, sans aucun réel plaisir. J’ai trouvé l’ensemble plat, trop lisse. Sans souffle. Sans lyrisme. Tout s’enchaine trop facilement, telle une machine trop bien huilée. Le récit est écrit à la 1ère personne, mais il aurait pu tout aussi bien être écrit à la 3e, tant les réflexions de l’héroïne ne semblent pas lui appartenir. Elle regarde le monde et agit comme si elle n’en faisait pas partie, ou à peine. En fin de compte, on en sait peu sur ses sentiments et motivations, sur ses déchirements intérieurs qui l’ont poussée à prendre les armes.
J’en ressors donc mitigée, avec un sentiment d’inachevé. Je n’ai rien appris que je ne sache déjà. L’auteur ne nous offre pas une nouvelle interprétation de ce personnage historique. Il ne fait qu’assembler, de façon très plaisante je l’admets, des faits déjà bien connus. Dommage.
Sans dire que j’ai perdu mon temps - au final ce livre se lit en un clin d’oeil-, je ne recommande cependant pas cette lecture. Selon moi, d’autres récits (historiques ou non) mettant en scène des femmes courageuses et révoltées valent largement mieux qu’on s’y attarde. Ce sera d’ailleurs l’objet de ma prochaine chronique.
Et vous, avez-vous déjà lu ce livre ? Qu’en avez-vous pensé ?
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