Mon désir le plus ardent, de Pete Fromm : une histoire d'amour bouleversante

Mon désir le plus ardent, de Pete Fromm : une histoire d'amour bouleversante


Mon désir le plus ardent de Pete Fromm est le cinquième et dernier livre de ma pile à lire confectionnée à l’occasion de mon anniversaire. Contrairement aux précédents, il ne relève ni de la littérature policière ni du genre fantastique. Il traînait dans une petite boîte en carton sur l’appui de fenêtre de la librairie Les Yeux Gourmands, avec pour seule indication “Les plus grandes histoires d’amour”. Il ne m’en fallait pas plus pour le choisir, et m’écarter le temps de quelques jours de ma ligne éditoriale toute relative, qui jusqu’à récemment ne jurait que par la fantasy.

Le roman est narré à la première personne, par Maddy, jeune femme américaine passionnée de pêche et de rafting. À vingt ans, alors qu’elle pagaie sur les rivières du Wyoming en tant que saisonnière, elle rencontre Dalt qui partage sa passion pour les grands espaces et l’aventure. Entre eux, c’est tout de suite le coup de foudre. Et presque sans réfléchir, ils se marient, lancent leur propre entreprise de guides touristiques et espèrent fonder rapidement une famille. Mais le bébé tarde à venir, l’entreprise peine à décoller et Maddy souffre de fatigue et de vertiges qui ne semblent plus vouloir la quitter. Un jour, tandis que Dalt se trouve en Mongolie pour une expédition qui devrait accroître leur chiffre d’affaires, Maddy apprend deux nouvelles qui vont bouleverser et mettre à l’épreuve leur attachement mutuel. Alors qu’elle n’y croyait plus, elle est enceinte. Alors qu’elle espérait que ce ne serait qu’une simple mononucléose, elle est atteinte d’une sclérose en plaques.

Mon désir le plus ardent est le récit de la vie de Maddy, de sa volonté de profiter intensément de son quotidien aux côtés de l’homme et des enfants qu’elle aime plus que tout, malgré cette maladie qui la prive peu à peu de son corps et de ses mots. Mais jamais de sa pensée, de sa verve, de sa colère, de son humour. Maddy ne tombe ni dans la complaisance ni dans l’apitoiement sur elle-même. Elle est peut-être une victime mais elle n’agit pas comme telle. Elle est avant tout une épouse et une mère, qui cherche à rendre son foyer le plus chaleureux possible malgré les coups durs de l’existence. Pete Fromm nous décrit une femme forte et déterminée, adepte du tout ou rien. Une véritable héroïne amoureuse de la vie, qui la mord à pleines dents jusqu’au bout. Ce roman est donc bien plus que l’histoire d’un drame. Il est une ode à l’amour. Et c’est cela qui le rend magnifique.

Où que tu ailles, Mad, où que tu emportes cette putain de saloperie de SEP, je t’accompagnerai. […] Parce que te perdre, ce serait tellement pire qu’un bras endommagé. Quelque part dans le monde, il existe certainement des charpentiers manchots, mais personne ne peut vivre sans cœur, Mad. Personne. Même pas toi.

Le roman n’est pas très long. Il se lit presque d’une traite. Chacun des chapitres est un aperçu du quotidien de Maddy, autant de petits tableaux d’aquarelle dépeints par touches de poésie, vibrants d’une tension qui s’accumule au gré des pages. Malgré le ton intimiste du livre, on ne s’ennuie pas un seul instant. Les choses sont dites sans grande pompe ni gros fracas. Pourtant, rien n’y est banal. Tout y est dense. Par un tour de force narratif, qui doit certainement beaucoup à la plume de l’auteur et de sa traductrice Juliane Nivelt, le récit demeure intensément immersif du début jusqu’à la fin. Le lecteur devient Maddy et apprend à lutter contre les courants violents.

Il arrive que je me ressaisisse, me demandant pourquoi je continue de ruminer ainsi, pourquoi je me laisse dériver sur ces flots sombres et solitaires. Si je le voulais vraiment, je pourrais m’arrêter. Mais je n’en ai pas le désir. Même si cela me rend triste, même si des larmes que je ne sens pas coulent le long de mes joues.

Sans surprise, j’ai adoré ce roman. Il m’a parlé droit au cœur. Plus d’une fois, j’ai failli pleurer, parce que les mots tombaient tellement juste, parce que c’était beau. Mon désir le plus ardent est sans conteste une histoire qui vaut la peine qu’on s’y attarde. Elle émeut, elle bouleverse. Elle transforme, le temps d’une formidable lecture (quasi) en apnée.

Et vous, l’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

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