Nettle And Bone
Nettle And Bone de T. Kingfisher est le deuxième livre reçu et lu dans le cadre du Prix des Lecteurs 2026. Pour être honnête j’ignore totalement comment aborder cette chronique tant je n’ai pas grand chose à en dire. J’ai bien aimé ce roman cependant. Il a été une lecture plaisante, facile, rapide. En quelques jours à peine, j’en avais terminé la dernière page.
Mais contrairement à ce que la mention au Prix Locus, inscrite en grand sur sa 4e de couverture, semble le suggérer, je ne le trouve pas si marquant ni si original. Du début à la fin, il m’a fait penser à certaines comédies noires, plus particulièrement à certains films de Tim Burton frôlant parfois l’horreur. Au final, rien ne m’a supris, tout me semblait être du déjà vu : l’emploi du ton légèrement en décalage, incisif, parfois même cynique, le choix de personnages haut en couleurs, atypiques. L’histoire en elle-même n’a rien d’exceptionel, rejoignant par là la multitude de quêtes insensées déjà racontées tant de fois, ponctuées d’une bonne dose d’obstacles et d’énigmes à surmonter. Par contre, il est vrai que l’histoire est très drôle et très attachante. Les dialogues sont tout simplement exquis, se tranformant à certains moments à de vrais joutes verbales.
« Tu sais pourquoi on confie une tâche impossible à des gens ? » demanda-t-elle. Marra se renfrogna. C’était le genre de question qu’elle détestait, elle avait toujours l’impression que ses interlocuteurs voulaient se donner des airs intelligents à ses dépens. Mais comme la dame-poussière s’était montrée honnête avec elle, elle s’efforça de trouver une réponse. « Pour voir s’ils sont capables d’y arriver ? » Elle se creusa la tête en passant en revue toutes les vieilles légendes : Mordecai et le ver ; la biche blanche qui aimait un humain et sa terrible quête pour sauver son amant ; la petite souris qui tuait le dragon le jour de son mariage. « Pour voir s’ils sont des héros ? » ajouta-t-elle sans trop y croire. « Des héros, répéta la vieille femme en éclatant de rire. Les dieux nous préservent des héros. » Elle contempla Marra. Son visage habituellement sans expression était empreint de tristesse. « Mais c’est peut-être le destin qui t’attend, après tout. Non, mon enfant, on confie en général ce genre de tâche pour que la personne n’y arrive pas. » Marra analysa cette déclaration sous tous les angles. « Mais j’y suis arrivée, objecta-t-elle. Deux fois de suite. » « J’ai remarqué, rétorqua la dame-poussière d’un ton maussade. Et tu accompliras sans doute la troisième tâche aussi. Alors je serai obligée de t’aider à tuer ton prince. »
Pour autant, cela n’efface pas la sensation que sans ses personnages et leurs répliques parfois cinglantes, le tout s’écroulerait, sans intérêt. Longtemps après avoir refermé le livre, je me demande encore quel propos a bien voulu faire passer l’auteur. On le dit résolument féministe, révolutionnaire dans sa remise en cause des clichés. Pour ma part, j’ai trouvé ce discours infondé, trop simpliste. Car si l’histoire fait effectivement la part belle aux personnages féminins, à leur courage et à leur mordant, il n’en reste pas moins un récit classique qui ne bouleverse pas grand chose.
Cependant, et malgré ce que j’ai pu en dire, ce roman demeure un bon roman et vaut tout à fait la peine qu’on s’y attarde. Son propos reste à définir mais en attendant, il reste une lecture assez réjouissante. On se laisse facilement porter et on rit beaucoup. On passe un bon moment. Et cela compte aussi.
Et vous, qu’en avez-vous pensé ?
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