La librairie des chats noirs, de Piergiorgio Pulixi : un polar italien attachant, entre humour et noirceur
La librairie des chats noirs de Piergiorgio Pulixi est le deuxième livre tiré de ma pile à lire constituée à l’occasion de mon anniversaire. A l’instar de Blackwater, je me suis laissé tenter par sa jolie couverture et son résumé qui me promettait une aventure haut en couleurs. Ici, il n’est pas question de fantasy ni de science-fiction, comme j’ai eu l’habitude d’en lire jusqu’ici. Le roman s’est révélé être un polar relativement classique mais rondement bien mené, qui est parvenu tout à la fois à m’émouvoir et me faire rire. Ce fut une lecture rapide mais assez réjouissante du début jusqu’à la fin.
On suit principalement Marzio Montecristo, ancien professeur de mathématiques reconverti en libraire spécialisé dans la littérature policière. Étant donné ses connaissances approfondies sur certaines mécaniques de crimes et de résolutions d’enquête, il se retrouve de temps en temps sollicité par la brigade de sa ville, en particulier par son amie d’enfance pour laquelle il éprouve des sentiments jamais avoués. Au début du livre, le voilà justement une nouvelle fois invité à aider à résoudre deux crimes sordides qui semblent être, au grand dam de la police, le point de départ de l’oeuvre d’un nouveau tueur en série.
Je suis loin d’être une experte en romans policiers mais en lisant La librairie des chats noirs, j’ai eu la sensation que ce roman cochait toutes les cases pour faire de lui le premier opus d’une longue série de qualité. En parallèle de son enquête, l’auteur prend le temps de présenter son héros (ou anti-héros selon l’angle avec lequel on le regarde) et tous ceux qui gravitent autour de lui. On pressent que vu l’importance des détails et de la nature de leurs relations, ces derniers sont amenés à réapparaître ultérieurement. Marzio est un homme dans la fleur de l’âge, rugueux et antipathique de prime abord, mais attachant et tendre dès lors qu’on parvient à franchir les barrières derrière lesquelles il se cache. Je me suis très vite éprise de ce personnage, que j’ai trouvé drôle et touchant. Marzio est un peu le prototype de monsieur et madame tout le monde. Il ne porte pas d’armes ni ne sait se battre. Ses seuls atouts sont sa passion pour les mathématiques et les romans policiers. N’importe qui pourrait se reconnaître en lui.
Au regard de son caractère, Marzio ne deviendra certainement pas prétexte à des scènes d’action, de course poursuite ou de tir à la mitrailleuse, au contraire d’un Harry Hole ou d’une Lisbeth Salander. L’essentiel de ses réflexions se passe dans l’arrière salle de sa librairie en compagnie de son club de lecture, ou accoudé à la table de l’un de ses cafés favoris, à essayer vainement de déclarer sa flamme à son amoureuse de toujours. Tout cela relèverait presque du roman de l’intime. Pourtant il n’en est rien. La violence, crue, morbide, est bien au rendez-vous. Le récit ne cesse d’alterner entre ces deux aspects, permettant ainsi tour à tour de relâcher ou de resserrer la pression sur le lecteur. L’enquête se dévoile progressivement, ni trop vite, ni trop lentement, à coup d’indices disséminés en toute discrétion, mine de rien. La vérité éclate sans grand fracas, comme la conclusion logique d’une longue réflexion.
La librairie des chats noirs de Piergiorgio Pulixi ne révolutionne pas du tout le genre. Cependant, il mérite qu’on s’y attarde. L’ensemble se révèle satisfaisant et de très bonne facture, soutenu par un rythme particulièrement bien dosé. Pour qui cherche une lecture agréable, divertissante, sans prise de tête mais intelligente au demeurant, je lui conseille ce livre. Il se lit très vite. Et une fois terminé, on n’a qu’une seule envie, se lancer dans le tome suivant (Si les chats pouvaient parler) afin de continuer à suivre les (més)aventures de ce libraire atypique.
Et vous, l’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?
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